OGM : ATTENTION DANGERS !
« CAP21 demande la mise en place immédiate d’un moratoire »
On connaissait le fauchage
d’OGM. On vient de découvrir le sabotage de plantations bio. Les pro-OGM commenceraient-ils à se faire entendre ? En attendant, les anti menacent le gouvernement de continuer les fauchages. La
guerre semble se radicaliser.
Sur Actu-environnement - 05/07/07
Greenpeace annonce aujourd'hui la publication sur son site d'une carte des surfaces d'OGM par Département en France. Greenpeace
rappelle dans son communiqué que 19.815 hectares de maïs transgénique ont été plantés en France en 2007, d'après les chiffres du Ministère de l'Agriculture et de la Pêche. Même si ces
surfaces sont inférieures aux 30.000 à 50.000 hectares qu'espéraient voir plantées les semenciers, ce sont près de 20.000 hectares de trop, a déclaré l'organisation.
D'après Greenpeace, la quasi totalité du maïs OGM est cultivée dans le Sud Ouest, en région Aquitaine et Midi-Pyrénées, en particuliers dans les départements de Haute-Garonne et du
Tarn-et-Garonne. Ils cultivent chacun plus de 2.000 hectares de maïs OGM, ce qui provoquera inévitablement des contaminations des cultures voisines et portera un préjudice certain aux
productions de qualité sous label et à l'agriculture biologique, a averti l'organisation. L'OGM cultivé dans les champs est le maïs MON810 de Monsanto, précise Greenpeace. Face aux
dangers sanitaires et écologiques que représente cet OGM, un nombre croissant de pays européens (et tout dernièrement l'Allemagne) ont pris un moratoire sur sa culture. Pourtant, le gouvernement
se refuse obstinément à prendre un moratoire sur le MON810, a indiqué l'organisation.Trois mois avant la tenue du Grenelle de l'environnement, Greenpeace demande au gouvernement
d'instaurer un moratoire immédiat sur la culture du maïs transgénique MON810 et de réaliser la récolte préventive des 20.000 ha déjà plantés.
PARIS (AFP) - La secrétaire d'Etat à l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet s'est déclarée mardi en faveur de "la transparence" sur les cultures d'OGM en plein champ et a exprimé à "titre personnel" ses "réticences" sur les organismes génétiquement modifiés.
02/07/07
AUBIAT, France (AP) - Après une nouvelle destruction de parcelles d'essai de maïs transgénique, Daniel Chéron, le directeur général du semencier français Limagrain, a fait part lundi des doutes de sa société quant à l'éventuelle reconduction d'essais "dans l'état actuel des choses en France". "Je suis assez tenté de penser qu'aujourd'hui, c'est la victoire des anti-OGM. Nous sommes en situation d'échec."
Lors d'une conférence de presse à Aubiat (Puy-de-Dôme), M. Chéron est revenu sur le fauchage dans la nuit de samedi de deux champs à Malintrat, en confiant "que les gens qui détruisent les essais, on les connaît parfaitement. Soit on a envie qu'ils arrêtent leurs agissements, soit on n'a pas envie qu'ils arrêtent. Je pense qu'il y a là un peu de lâcheté de la part des autorités".
Le parquet de Clermont-Ferrand a ouvert une enquête.
Le directeur général du semencier auvergnat, actionnaire à 55 pour cent de Biogemma, la société biotech détentrice des essais, a également évoqué le "Grenelle de l'environnement" que le gouvernement doit organiser à l'automne prochain. Il a souhaité que Limagrain y participe "si on nous invite" et à la condition que "l'économie et tous les enjeux de durabilité agricole et de gestion des territoires soient traités".
"J'attends qu'on mesure bien ces enjeux d'une part, et qu'on définisse un cadre clair dans lequel nous puissions travailler sereinement et qu'on empêche ceux qui veulent nous détruire de pouvoir agir", a ajouté M. Chéron.
Biogemma, qui a porté plainte contre X suite aux fauchages du week-end dernier, est la dernière entreprise française à faire des recherches sur les OGM sur le territoire français. "Nous avions trois parcelles dédiées aux OGM cette année en France, dont une a été désormais fauchée. A contrario, nous en avons plus de 100 aux Etats-Unis", a-t-il précisé. M. Chéron a noté que Biogemma "dispose de près de 1300 chercheurs, dont 60 pour cent travaillent en France. Dans les dix ans à venir, le nombre de chercheurs va être multiplié par dix, mais 80 pour cent d'entre eux seront sans doute à l'étranger".
"Ces destructions d'essais n'empêcheront pas Limagrain d'avancer", a insisté Daniel Chéron. "Pour l'heure, les recherches n'étaient maintenues en France que par la seule volonté de la société qui est une coopérative. On a donc fait un choix politique. D'ailleurs, le siège de Biogemma est à Clermont-Ferrand. Mais si ce n'est pas possible de maintenir les chercheurs en France, on ira ailleurs."
Avec l'Allemande KWS, Biogemma est la seule société européenne à travailler sur la question des transgénèses des grandes cultures comme le maïs, alors que d'autres tels que Bayer ou Syngenta ont exporté leurs recherches hors du territoire européen.
Cela fait une vingtaine d'années que Limagrain s'intéresse aux OGM et depuis 2000, la firme, via sa filiale Biogemma, est régulièrement la cible de campagne d'arrachage ou de fauchage de la part des militants anti-OGM.
26/06/07
«Je suis d'une tranquillité et d'une sérénité totales concernant le développement des OGM à l'échelle de dix ans en Europe», a indiqué Jean-Michel Duhamel, directeur de Monsanto Europe du Sud,
zone qui comprend la France, lors d'une rencontre organisée avec la presse le 25 juin à Paris.
Selon Monsanto, les agriculteurs de l'UE à 27 ont semé 100 000 hectares de maïs contenant l'évènement MON810, le seul autorisé à la culture à ce jour dans l'Union. 25 000 hectares se trouvent en
France, 60 000 ha en Espagne, 3 000 ha en Allemagne, 1 500 ha au Portugal, le reste se situant en Tchéquie et en Slovaquie. Jean-Michel Duhamel prévoit une augmentation annuelle de 50 000 à 100
000 hectares dans les années à venir.
« En France, le marché potentiel est d'environ 700 000 ha » estime Jean-Michel Duhamel. Pour le moment, les OGM représentent au maximum 1 million d'euros sur les 700 à 800 millions d'euros de chiffre d'affaires de Monsanto Europe. Autant dire rien. Largement majoritaire au niveau mondial, l’activité semences et biotechnologies ne représente que 50 % du chiffres d’affaires de Monsanto Europe, à égalité avec la phytopharmacie.
Source : Agra
Communiqué CAP21 - 15/06/07
Maïs MON 810 : CAP 21 demande la création d’une commission d’expertise impartiale
CAP 21, parti présidé par l'ancienne ministre Corinne Lepage manifeste son étonnement sur la décision commune d'Alain Juppé et de Christine Lagarde de maintenir l'autorisation du
maïs Mon 810 en France à la différence de l'Allemagne.
Cette décision est encore une fois l'illustration du poids des lobbies alors que le principe de précaution imposait de déclencher une expertise indépendante et de suspendre l'autorisation de
commercialisation dans l'attente des résultats.
L'avis de la Commission du Génie Biomoléculaire (CGB) ne saurait se suffire à lui-même pour éclairer de manière satisfaisante la décision du gouvernement. Cette commission ne peut en effet
remettre en cause ses précédentes évaluations sans soulever la responsabilité individuelle et collective de ses membres.
Corinne LEPAGE demande à ce que les processus d’évaluation qui excluent à ce jour les toxines soient complètement revus et souhaite la création d’une commission impartiale en remplacement de la
CGB composée très majoritairement de partisans des OGM. La toxicité du maïs MON 810 s’arrêterait-elle à la frontière comme le nuage de Tchernobyl en son temps ?
Eric Delhaye, porte-parole de CAP 21, demande au Ministre d'Etat Alain Juppé d'ouvrir un programme de recherche pour étudier de manière précise les impacts sur l'environnement et la santé des
plantes OGM présentant actuellement les plus sérieux doutes.
Communiqué de presse - CAP21 -13/06/07
CAP21, mouvement écologiste, dénonce la décision des ministres européens de l'Agriculture d'introduire un seuil de contaminiation des produits biologiques par les OGM (0,9 %) en
dessous duquel aucun étiquetage ne sera obligatoire.
Pour Corinne Lepage, présiente de CAP21 et membre fondatrice du MoDem "il s'agit d'une victoire du loby agro-semencier qui voudrait que ce seuil d'oligation d'information ne devienne un "droit à
contaminer" supprimant ainsi tout droit à ne pas être contaminé et à être indemnisé. Le droit des consommateurs de choisir une alimentation sans OGM devrait être considéré comme un droit
inaliénable que ce soit d'ailleurs pour un produit bio ou non."
CAP21 met en garde les ministres de l'agriculture sur les risques qu'ils font ainsi peser sur le développement pérenne des filières bio, qui au delà des intérêts environnementaux, représente des
centaines de milliers d'emploi en France et en Europe.
Agriculture bio : un Conseil européen historique
De la décision du Conseil européen des Ministres de l'Agriculture qui se tient aujourd'hui et demain va dépendre l'avenir de
l'agriculture biologique en Europe. En effet, le Conseil aura a statuer sur l'autorisation ou non de tolérer des OGM dans les produits issus de l'agriculture biologique à hauteur de 0,9 %. A cet
égard, la position de notre nouvelle Ministre de l'Agriculture, Christine LAGARDE sera déterminante et sa responsabilité historique.
Il faut espérer que le Conseil suivra le vote défavorable des parlementaires européens (324 voix contre, 282 pour, 50 abstentions) contre l'avis de la Commission européenne et garantira
durablement l'absence d'OGM et de pesticides de synthèse dans les produits bio.
La question posée apparaît à la fois simple et technique : pourquoi vouloir introduire un seuil de contamination des produits bio par les OGM ? Ne s'agit-il pas pour les organisations
professionnelles d'anticiper l'inévitable généralisation des contaminations des produits agricoles, issus de l'agriculture biologique comme de l'agriculture conventionnelle. Dans l'immédiat, le
seul pays qui cultive des OGM sur des surfaces importantes est l'Espagne. Mais demain ?
Pour pouvoir imposer ses semences génétiquement modifiées, le lobby agro-semencier voudrait que le seuil qui ne détermine aujourd'hui qu'une obligation d'étiquetage et d'information du
consommateur devienne « un droit à contaminer » supprimant ainsi tout droit à ne pas être contaminé et à être indemnisé.
Il s’agit d’une question de principe à plus d’un titre.
-L’agriculture bio- et c’est ce qui fait son succès pour les consommateurs- n’a jamais accepté l’instauration de seuils plafond de contamination par des pesticides à la différence de produits
issus de l'agriculture conventionnelle ou raisonnée. Il n'y a pas plus de raisons de l'accepter pour les OGM, la quasi-totalité d'entre eux étant tolérants aux herbicides et/ou produisant eux
même des pesticides.
-Le respect de la biodiversité impose que des cultures sans OGM perdurent et la catastrophe écologique que rencontre aujourd’hui l’Argentine du fait des OGM devrait a minima inciter à la
prudence. Ainsi pour cultiver le soja génétiquement modifié, les agriculteurs argentins n’ont recours qu’à un seul herbicide : le glyphosate, commercialisé notamment par Monsanto sous le nom de
Roundup, un produit dispersé par avion et dont les effets sur la santé sont reconnus comme particulièrement nocifs sans parler des résistances à l'herbicide qui commencent à s'observer parmi un
certain nombre de plantes adventices (mauvaises herbes) avoisinantes. De même l’interdiction allemande récente du MON 810 démontre à l’évidence les risques irréversibles que les OGM font courir à
l’environnement.
-Un droit à être indemnisé en cas de préjudice provoqué par un tiers : en France, il a été fixé par la Répression des Fraudes au seuil de détection de 0,01% permettant de revendiquer qu’un
produit est “sans OGM”. Même si la charge de la preuve est difficile à administrer, cette possibilité constitue une garantie et un droit reconnu constitutionnellement celui de contribuer à la
réparation de tout dommage causé à l’environnement. Dans le même ordre d’idées, les députés européens ont demandé, à une courte majorité, que la Commission propose avant le 1er janvier 2008, une
directive prévoyant des mesures de précaution pour éviter la contamination de la chaîne alimentaire par des OGM, avec des règles en matière de responsabilité et l’application du principe
pollueur-payeur. Le lobby agro-semencier dont il convient de rappeler qu’il exerce son activité sans aucune assurance, puisque les compagnies d’assurance considèrent unanimement que l’aléa est
trop grand, veut évidemment éviter toute responsabilité du fait des OGM, qui pourrait remonter jusqu’au producteur.
Le droit pour le consommateur, enfin, de choisir une alimentation non OGM, qui devrait être considérée comme un droit inaliénable. A l’heure où, malgré les efforts de l’industrie agro-semencière,
très efficacement soutenue par M. Bussereau, précédent ministre de l’agriculture, pour assurer le secret total sur les résultats inquiétants des premières études menées sur des rats ayant
consommé des OGM, où l’EFSA (Agence Européenne de Sécurité Alimentaire) se penche à nouveau , sur la base de la contre-expertise menée par le CRII-GEN* sur le maïs MON 810, il serait bon que la
ministre ait à l'esprit lors du prochain conseil européen l’article premier de la charte de l’environnement au terme duquel chacun a droit à un environnement sain.
A l'heure où l'Organisation des Nations Unis pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO) dans son rapport « Agriculture biologique et sécurité alimentaire » conclut que l'agriculture biologique
est un modèle alternatif au service d'un développement durable qui a le potentiel nécessaire pour satisfaire la demande alimentaire mondiale tout comme l'agriculture conventionnelle mais avec un
moindre impact, ne plus garantir de bio sans OGM représenterait une responsabilité historique, morale mais aussi juridique, à la charge personnelle de ceux et celles qui l’auront prise.
Corinne Lepage.
La Tribune. 11/06/2007
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