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Moratoire

Détectives OGM - pétition appel orléans

Mardi 3 juillet 2007

02/07/07

AUBIAT, France (AP) - Après une nouvelle destruction de parcelles d'essai de maïs transgénique, Daniel Chéron, le directeur général du semencier français Limagrain, a fait part lundi des doutes de sa société quant à l'éventuelle reconduction d'essais "dans l'état actuel des choses en France". "Je suis assez tenté de penser qu'aujourd'hui, c'est la victoire des anti-OGM. Nous sommes en situation d'échec."

 

Lors d'une conférence de presse à Aubiat (Puy-de-Dôme), M. Chéron est revenu sur le fauchage dans la nuit de samedi de deux champs à Malintrat, en confiant "que les gens qui détruisent les essais, on les connaît parfaitement. Soit on a envie qu'ils arrêtent leurs agissements, soit on n'a pas envie qu'ils arrêtent. Je pense qu'il y a là un peu de lâcheté de la part des autorités".

 

Le parquet de Clermont-Ferrand a ouvert une enquête.

 

Le directeur général du semencier auvergnat, actionnaire à 55 pour cent de Biogemma, la société biotech détentrice des essais, a également évoqué le "Grenelle de l'environnement" que le gouvernement doit organiser à l'automne prochain. Il a souhaité que Limagrain y participe "si on nous invite" et à la condition que "l'économie et tous les enjeux de durabilité agricole et de gestion des territoires soient traités".

 

"J'attends qu'on mesure bien ces enjeux d'une part, et qu'on définisse un cadre clair dans lequel nous puissions travailler sereinement et qu'on empêche ceux qui veulent nous détruire de pouvoir agir", a ajouté M. Chéron.

 

Biogemma, qui a porté plainte contre X suite aux fauchages du week-end dernier, est la dernière entreprise française à faire des recherches sur les OGM sur le territoire français. "Nous avions trois parcelles dédiées aux OGM cette année en France, dont une a été désormais fauchée. A contrario, nous en avons plus de 100 aux Etats-Unis", a-t-il précisé. M. Chéron a noté que Biogemma "dispose de près de 1300 chercheurs, dont 60 pour cent travaillent en France. Dans les dix ans à venir, le nombre de chercheurs va être multiplié par dix, mais 80 pour cent d'entre eux seront sans doute à l'étranger".

 

"Ces destructions d'essais n'empêcheront pas Limagrain d'avancer", a insisté Daniel Chéron. "Pour l'heure, les recherches n'étaient maintenues en France que par la seule volonté de la société qui est une coopérative. On a donc fait un choix politique. D'ailleurs, le siège de Biogemma est à Clermont-Ferrand. Mais si ce n'est pas possible de maintenir les chercheurs en France, on ira ailleurs."

 

Avec l'Allemande KWS, Biogemma est la seule société européenne à travailler sur la question des transgénèses des grandes cultures comme le maïs, alors que d'autres tels que Bayer ou Syngenta ont exporté leurs recherches hors du territoire européen.

 

Cela fait une vingtaine d'années que Limagrain s'intéresse aux OGM et depuis 2000, la firme, via sa filiale Biogemma, est régulièrement la cible de campagne d'arrachage ou de fauchage de la part des militants anti-OGM.

Par CAP21 - Publié dans : Revue de presse / dépêches
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